Partager l'article ! un week-end dans le Berry: Le week-end dernier, nous sommes allés dans le Berry retrouver mes camarades d'Ecole Normale (promo 62-66). Nous somm ...
c'était moi, il y a quelques années ... dans une autre vie...
et maintenant je jardine (un peu)...
Le week-end dernier, nous sommes allés dans le Berry retrouver mes camarades d'Ecole Normale (promo 62-66). Nous sommes arrivés la veille et j'ai bavardé longtemps avec ma copine Françoise (avec qui je partageais la chambre en deuxième année, nous avions un placard pour deux, un lavabo pour deux, l'une couchait dans la chambre pendant la moitié de l'année et l'autre dans le couloir, au milieu de l'année, on changeait)
Grâce à la lettre de Dédée qui n'avait pu venir, nous avons évoqué notre vie d'interne : les blouses avec ceinture obligatoire (une semaine blouse écossaise, une semaine blouse verte), les livres interdits que nous cachions sous l'estrade lors des fouilles (pourtant rien de bien scandaleux mais il était interdit de lire "La peste", Gide, Zola...), les promenades surveillées, l'escalier en bois sculpté qu'il fallait cirer tous les matins. Il y avait la télé mais on n'avait pas le droit de la regarder, la radio mais on n'avait pas le droit de l'écouter, la bibliothèque était inaccessible. En principe les couettes étaient interdites (c'était l'époque de Sheila), de même que les chignons banane (trop gravures de mode). Nous portions des socquettes (noires évidemment) car les collants ou les bas étaient chers et on n'avait pas le droit d'aller jambes nues même en été. Le dimanche, nous avions le droit de ne pas mettre de blouse et de mettre des chaussures à talons aiguille. Je crois que les pantalons étaient interdits. Nous étions un peu naïves et ne comprenions pas bien le double sens du "petit chat est mort".
Et pourtant malgré cette vie un peu trop "fliquée", il nous est resté une grande amitié. Et c'est au cours de ces 4 années que nous sommes allés au TNP voir "Roses rouges pour moi" avec Bernard Fresson, "La guerre de Troie n'aura pas lieu" avec Jean Vilar, Judith Magre dans le rôle de Cassandre. Je m'en souviens comme si c'était hier ! Au ciné-club, on nous passait "La jetée" de Chris Marker, "Los Olvidados", "Nuit et brouillard", "Alexandre Nevski", "Cléo de 5 à 7"...
Ce week-end, nous logions en chambre d'hôte, en pleine campagne, au bout d'un chemin creux. Charmant accueil de notre hôtesse qui nous régala de pâtisseries (succulente tarte du Kenya) et nous donna des quantités de renseignements sur la région. Sa maison se trouve sur le chemin de Compostelle et elle accueille surtout des pèlerins. Le jardin commençait à fleurir et nous sommes repartis avec des pieds d'hellebores et d'euphorbes. J'espère qu'ils s'acclimateront dans notre jardin.
les pyrrhocoris apterus (gendarmes) pullulaient.
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