c'était moi, il y a quelques années ... dans une autre vie...
et maintenant je jardine (un peu)...
Quand vous prenez votre café, peut-être le buvez-vous dans des "mazagrans" ? Savez-vous que ce nom vient d'une bataille qui eut lieu en Algérie en 1840 ? Les soldats assiégés résistaient à coups de rasades de café fortement arrosé d'eau de vie. On dit que, de retour dans le Berry, ils continuèrent à boire leur café dans des récipients fabriqués à Bourges et appelés "topettes". C'est du moins ce que j'ai lu sur différents sites.
Hilaire Etienne Lelièvre est né en 1800 à Malesherbes (emplacement de l’Hôtel du lion d’Or)
Capitaine de la 10è compagnie du 1er bataillon d’Afrique, avec le lieutenant Magnien, le sous-lieutenant Durand et 123 soldats (des « Zéphirs ») qu’on appellera les "lapins du capitaine
Lelièvre", il défendit le fort de Mazagran , près de Mostaganem (Algérie) les 3, 4, 5 et 6 février contre les attaques de 12000 Arabes commandés par Mustapha Ben Thami, lieutenant
d’Abd-El-Kader
Quand le colonel Dubarail arriva à leur secours avec la garnison de Mostaganem, il leur demanda ce qu’ils voulaient et ils répondirent "Du biscuit, des cartouches et l’ennemi"
Après la bataille, Lelièvre fut nommé chef de bataillon.
Mazagran est la victoire emblématique de la conquête de l’Algérie et eut un retentissement national (de nombreuses villes possèdent une place ou une rue Mazagran), des récits, des poèmes, des
chansons, tous dithyrambiques, furent écrits.
De retour à Malesherbes, il fut nommé commandant de la garde nationale de Malesherbes
Il mourut à Malesherbes en 1851
Les soldats du capitaine étaient des "têtes brûlées", qui s'étaient retrouvés dans les "Bat' d'af" après une peine de prison (à la suite de bagarres, injures à supérieur...)
Trois monuments commémoratifs furent élevés à Malesherbes (ils ont été tous démolis) :
Une colonne érigée en 1843 (souscription nationale) sur la place du Martroi et démolie en 1878 car elle tombait en ruines
Un monument sur la place Mazagran : boulets et canons, érigé en 1880 et remplacé au même endroit en 1898 par une statue en bronze. Le dernier des « lapins », Fleuret assista à l’ inauguration de
cette statue. Il mourut en 1900 à Commentry (Allier) et son corps fut enterré à Malesherbes aux côtés du Capitaine Lelièvre.
Cette statue fut déposée pour être fondue en 1942.
En Algérie, sur les lieux mêmes de la bataille, une colonne érigée en 1853 existe encore ainsi qu'une église portant une plaque commémorative.
La cérémonie de transfert du corps au cimetière de Malesherbes en 1913 fut grandiose (illuminations, bals, concert, discours, présence du ministre Georges Cochery) et fut l’occasion de la
création d’une société de Préparation Militaire (période revancharde où les enfants des écoles apprenaient à manier le fusil de bois)
Le drapeau de Mazagran est conservé salle Bugeaud au Musée des Armées (Hôtel des Invalides)
La batterie fanfare créée en 1909 porte le nom de Mazagran et réveille les habitants en fanfare tous les ans le premier dimanche de février
Des médailles « en souvenir de la défense de Mazagran » furent frappées et distribuées aux soldats
Les épées d’honneur sont conservées à la Mairie à l’entrée de la salle des mariages
Jules Vallès parle de cette bataille dans "L'insurgé" et Zola dans "La débâcle".
Sources :
Archives Municipales (registres de délibérations du Conseil Municipal, courrier, articles de presse) déposées aux Archives départementales
Bibliothèque Nationale de France (poèmes, chansons, récits)
Service Historique de la Défense (Vincennes) : parcours militaire des soldats
Musée des Armées aux Invalides
Livre de Pierre Dufour « Les bat’d’Af ‘ »
voici une page du Petit journal que j'ai acheté récemment :
et la statue du capitaine à Malesherbes (c'est la troisième qui se trouvait sur la place des Écoles, rebaptisée Place Mazagran).
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